Réunion du 12 décembre 2009, information sur l’effacement des ouvrages de la Sélune...

Effacement des ouvrages sur la Sélune, une décision politique courageuse, historique et attendue

Le gouvernement a pris sa décision, il ne renouvellera pas la concession hydroélectrique des ouvrages de Vezins sur la Sélune et demande au préfet de la Manche d’engager les opérations d’effacement des retenues de Vezins et de la Roche-qui-Bois. Une décision courageuse, historique et attendue, après des années d’études et de débats en particulier dans le cadre des travaux de la Commission locale de l’eau du Sage de la Sélune.

REUNION IMPORTANTE SUR LES BORDS DE LA SELUNE

Tel un serpent de mer, l’effacement des barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit, implantés sur la Sélune, font de nouveau parler d’eux.

On savait depuis le Grenelle de l’environnement que la pérennité de quelques ouvrages était remise en question. Il a fallu attendre un déplacement de Chantal JOUANNO, Secrétaire d’Etat à l’écologie pour avoir l’annonce officielle de la décision du non renouvellement des concessions pour les deux ouvrages de la Sélune, le 13 novembre 2009.

La décision du ministère reprend les conclusions du Sage de la Sélune qui vont dans le même sens. Bien sûr cette décision a fait l’effet d’une bombe dans la vallée d’une région qui peut se sentir isolée ou abandonnée.

La décision du ministère a été confirmée le 10 décembre à une délégation de parlementaires de la Manche qui avaient demandé une entrevue.

Le 12 décembre, Michel Thoury, président de la Commission locale de l’eau (CLE), structure qui doit mettre en œuvre les conclusions du Sage, organisait sur les bords de la retenue de Vezins dans les locaux de la base de loisir de la Masure une réunion publique d’information.

Cette réunion, devant environ 250 personnes, a été ouverte par Monsieur le maire de Saint-Hilaire-du-Harcouët qui était membre de la délégation du 10 décembre reçue par la ministre, et opposant à l’effacement des barrages.

Si dans la salle les opposants à l’effacement des barrages étaient les plus nombreux et les plus vindicatifs, il faut signaler une mobilisation exceptionnelle des ONG (FNE, Fondation Nicolas Hulot, WWF, SOS Loire-Vivante, UNFP et FDAAPPMA, NASF et AIDSA), ainsi que des représentants d’institutions nationales (CNPMEM et MNHN).

Le président de la CLE a mené les débats pendant presque deux heures. Ils ont été parfois vifs, mais toujours corrects.

La réaction des opposants à l’effacement des barrages est compréhensible, eux qui n’ont toujours connu que le barrage et le plan d’eau. C’est à l’Etat et aux collectivités de mettre en œuvre les moyens pour faire de cette opération un exemple humain, social et économique.

Les ONG et les institutions doivent apporter leur soutien à une cause juste, mais qui doit être expliquée. L’AIDSA, qui n’a rien dit au cours de cette séance mais qui a écouté, ne mettra jamais en avant le saumon par rapport à l’Homme comme on l’a trop entendu.

Pour nous, à l’AIDSA, le bon état écologique c’est celui qui permet la satisfaction de l’ensemble des usages liés à l’eau, au moindre coût pour la collectivité, et une rivière à saumon comme la Sélune ou la Sée doit rester ou redevenir une rivière à saumons.

L’effacement de ces deux barrages, si proches de la baie du Mont-Saint-Michel, ouvre une nouvelle voie aux migrateurs.

Jean ALLARDI