Réunion AGO du 18 juin 2004
18 Juin 2004

Le 18 juin 2004 s’est tenue à l’Institut océanographique l’Assemblée générale ordinaire de l’exercice 2003. L’assemblée s’ouvre à 17 h 04 sous la présidence de notre nouveau président Jean-Pierre TANE et en présence du président sortant Jean SERVAT.

Après l’accueil traditionnel des participants, on observe une minute de silence en mémoire de deux anciens présidents récemment disparus. Il s’agit de Richard VIBERT, fondateur de l’association dont il a profondément marqué l’orientation et le destin, ainsi que de Bill HIGGINS qui assura la charge de diriger nos travaux dans les années 80.

Le secrétaire général donne alors lecture du compte rendu de l’AGO du 6 mars 2003 portant sur l’exercice 2OO2. Ce compte rendu est approuvé à l’unanimité.

En France

La parole est immédiatement donnée à M. ALLARDI qui représente le Ministère de l’environnement à notre AGO. Il nous est expliqué qu’un nouveau volet réglementaire est en préparation à la suite de la loi pêche de 1984 et de la loi sur l’eau de 1992. Les pécheurs et leurs redevances seront regroupés avec d’autres usagers de l’eau dans cette loi qui, prévue pour 2005, envisage même une directive de l’eau européenne. L’organisation de la pêche en eau douce équilibrera les droits de la pêche sportive et de la pêche professionnelle, et les intérêts des minorités avec ceux de la majorité démocratique. La création de Diren de bassins devrait préserver les forces vives du Conseil supérieur de la pêche (CSP), toujours responsable des activités de gestion et de recherche. On en profiterait pour gommer le clivage de la trop fameuse limite transversale de la mer, ce qui renforcerait le pouvoir des Cogépomi en zone maritime.

Notre administrateur J.P. COEURET nous parle ensuite du Cogépomi Garonne-Dordogne, qui étend d’ailleurs ses compétences au réseau Charente-Seudre. Quatre Régions et vingt Départements, c’est beaucoup pour une seule structure.... Sur la Dordogne, même si les résultats de 2003 sont décevants, ceux des années précédentes faisant état de retours de 1 500 saumons, MIGADO parle à voix basse de rouvrir la pêche à la ligne, ce qui paraît prématuré. D’autant plus qu’on ignore les prélèvements accidentels de migrateurs en estuaire ainsi que l’activité des pêcheurs aux engins. Bref, ne pourrait-on pas rouvrir à la fois la pêche et l’accès aux frayères ?

Sur la Garonne, le plan SAGA 2000 prélève toujours des géniteurs à Golfech pour les porter en amont, car le passage n’est pas libre loin de là. Le résultat, 500 poissons, est jugé encourageant. On déplore l’absence de la Région MIDI-PYRENNEES au plan de financement, et l’omniprésence des amateurs aux engins, surtout en Gironde. Quant à ce qui se passe en mer, c’est comme d’habitude une autre histoire.

Notre administrateur M.A. MARCELLIER nous donne des nouvelles de l’Adour et des Gaves. En ce début de 2004, les remontées semblent bonnes ainsi que les prises qui sont grosses, mais il n’y a plus que quota effectif car les contrôles sont trop difficiles. Avec mille pêcheurs, c’est la foire d’empoigne, d’autant plus que le pool Masseys est interdit faute d’une passe fonctionnelle. Côté pêche professionnelle, les cours du saumon sont élevés puisque le chiffre de 50 euros du kilo est cité. Les lamproies sont abondantes et les cours ont chuté jusqu’à 1 euro du kilo. Quant à la Nivelle, il semblerait que le stock soit compromis à cause d’un seul pêcheur professionnel qu vend en criée sans vergogne et sans vouloir entendre raison.

Notre administrateur J. TISSIER assure toujours avec constance notre représentation au Cogépomi Seine-Normandie. Aux dernières nouvelles, les remontées de truites de mer sont bonnes sur la Touques, malgré le manque d’eau. Pour les saumons, la Sélune est la meilleure rivière, et la pêche a été fermée le 23 mai pour cause de fin de TAC. Le 15 juin, c’était la réouverture des castillons, c’est-à-dire des poissons de moins de 70 cm, lancer et mouche seuls autorisés. En Baie du Mont St Michel, l’APPSAM s’octroie les services d’un ULM pour surveiller le braconnage dans la réserve et aux filets dérivants.

A l’étranger

Notre administrateur J. READ nous donne de bonnes nouvelles du Royaume Uni où l’année 2004 semble commencer sous des auspices favorables. Les captures sont bonnes sur tous sur les grands axes. En revanche, les résultats sont moins concluants en zone ouest. Une étude prospective sur l’intérêt touristique du saumon pêché à la ligne a, une fois de plus, évalué la plus-value de la pêche sportive par rapport à la pêche commerciale. On arrive à un coefficient de vingt deux fois la valeur ajoutée au poisson lorsqu’il est pris à la ligne, ceci étant à replacer dans un contexte où, dans les assiettes, l’élevage prime largement sur le sauvage. Le saumon et sa pêche se comparent donc au golf en matière d’intérêt touristico-économique.

Le règlement du problème des filets dérivants écossais arrive maintenant à sa conclusion puisque à peu près tout est racheté, et même fini de payer. Resteraient seulement 16 licences dont on attend l’extinction. Heureux pays !

Le secrétaire général fait ensuite son rapport sur la réunion statutaire de l’Ocsan se tenait à Reykjavik pendant la deuxième de juin, et où l’AIDSA est traditionnellement présente parmi les ONG.

On notait tout d’abord la présence d’un délégué français responsable du problème de Saint-Pierre-et-Miquelon où les pêches d’interception menacent certains saumons américains et canadiens. Ce délégué a promis que la France ferait le nécessaire pour coopérer à une évaluation de la situation, ce qui a satisfait le Conseil de l’Ocsan. A noter que dans ce territoire d’outremer, on a abandonné les anciens projets d’aquaculture. Autre nouvelle importante, le prochain président de l’Ocsan n’est autre que notre ex-administrateur Ken WHELAN... Compliments !!!. Enfin la prochaine réunion de l’Ocsan aura lieu à VICHY, Bienvenue....

Les nouvelles générales sont que depuis deux ans, le déclin des populations de saumon de l’Atlantique Nord semble enrayé. On espère que le grand retour est amorcé... En attendant, l’Ocsan anime toujours divers projets de recherche, en général en collaboration avec le CIEM marquages en mer (ce qui exige de très gros moyens), évaluation de l’impact des chaluts pélagiques, de la nocivité des filets dérivants là où il en reste, question du syndrome M74, etc....

Les premières conclusions montrent clairement que moins il y a de filets et de pêche d’interception, plus il y a de géniteurs à fraye multiple. Voilà qui confirme l’intérêt du rachat des filets : on ne protège pas seulement des poissons, on sauvegarde des géniteurs à très forte valeur ajoutée.

Le grave problème des captures post-smolts par les chaluts pélagiques revient souvent sur le tapis. D’importants travaux, des moyens lourds, des chercheurs de toutes nationalités embarqués essayent de quantifier les prises, les zones et les époques, mais ce n’est ni facile, ni convainquant.

La France a de la chance : notre pays est déclaré indemne de Gyrodactylus. Les prélèvements montrent, ADN à l’appui, que ce que nous avons dans l’hexagone ne correspond pas à l’espèce salaris, ce qui est une bonne nouvelle mais pour combien de temps ? En revanche diverses motions protestent énergiquement contre les filets dérivants irlandais, un problème qui n’en finit pas de ne pas être réglé et qui fait du tort à nos saumons.

Autres pays et autres problèmes. En Baltique, il y a une chute importante de la pêche du saumon sauvage, probablement due au syndrome M74. Ce syndrome maintenant clairement identifié est en passe d’être éradiqué. Les saumons baltes, nous dit le délégué finlandais, sont ce qui se fait de plus pollués et de plus contaminés en dioxine, presque autant que dans le lait ! Ce propos ne manque pas de sel lorsqu’on sait qu’après la charge américaine sur le saumon d’élevage, le consommateur européen s’est jeté sur le saumon sauvage qui est pratiquement toujours d’origine balte.....

L’Ocsan procède à sa propre évaluation de l’intérêt socio-économique du saumon en reconnaissant que ce poisson emblématique a une valeur non seulement pour les pêcheurs, mais aussi pour les non pêcheurs. On assiste notamment au développement des « Salmon seeing tours », y compris en plongée dans les rivières. Une activité sur laquelle nous avons déjà rapporté dans la revue SAUMONS, mais qui reste lettre morte en France.

La session de l’Ocsan se termine sur les protestations des ONG qui réclament un peu plus de reconnaissance officielle, ce qui ne serait que justice. En effet, Orri VIGFUSSON, administrateur de l’AIDSA et Président du NASF, profite de la présence des ONG à l’Ocsan pour organiser une réunion parallèle dans laquelle, nous explique-t-il, il aimerait bien substituer l’efficacité de NASF à la lourdeur de l’Ocsan... Le secrétaire général a fait lors cette réunion un exposé sur la situation du saumon en France, mais refuse de prendre position pour ou contre quiconque, ce qui est la position générale des ONG présentes.

L’association

La parole est donnée à notre trésorier C. VERNES. Le bilan de 2003 fait ressortir des rentrées s’élevant 27.931 euros dont il reste environ 14.000 en caisse, avec en provision les dépenses relatives à la construction internet. Ce bilan est approuvé à l’unanimité. On rappelle que le trésorier est démissionnaire...

En ce qui concerne le site, il est presque opérationnel. Il a été remodelé et on examine actuellement la possibilité d’y introduire de la publicité payante, voir notre administrateur J. CHOUFFOT.

Sur le plan événementiel, il est rappelé que 2004 est l’année CHAMPLAIN et que c’est l’occasion d’un rapprochement avec nos collègues canadiens. Un séminaire organisé par l’AIDSA et EPIDOR est prévu en octobre pour tirer les conclusions du symposium de 1985 à Bergerac. Lors de cette manifestation, la Dordogne avait été jumelée avec la rivière Jacques Cartier, rivière québécoise où hélas, les saumons sont très menacés.

On reparle du problème de Poutès-Monistrol, de la fin de la concession EDF en 2007 et de la destruction possible et espérée du barrage, projet que l’AIDSA soutient.

Divers problèmes liés à la structure de notre conseil d’administration viennent enfin à l’ordre du jour. L’AGO ratifie notamment, à l’unanimité, la nomination de JP.TANE comme président de l’association à la succession de J.SERVAT que nous remercions tous pour le soutien actif qu’il nous a apporté, et qu’il nous apportera d’ailleurs toujours.

L’ordre du jour étant épuisé, l’AGO est levée à 19 h 22.

Le secrétaire général F.MAZEAUD