En 2011, l’Ocsan au Groenland à Ilulissat

Nouvelles de l’Ocsan

L’Organisation pour la conservation du saumon dans l’Atlantique Nord, l’Ocsan, tenait son vint huitième congrès annuel, au GROENLAND à Ilulissat du 7 au 10 juin 2011. L’AIDSA, première organisation non gouvernementale française à participer aux travaux de l’Ocsan depuis sa création, était représentée par Philippe MÉRY. La Lettre Saumons est l’occasion de revenir sur cette rencontre...

La ville d’Ilulissat, lieu du 28e congrès

L’Ocsan s’est réuni au Groenland

Note de l’auteur : les caractères en italique dans le texte expriment son opinion

Le 28e congrès de l’Ocsan (Nasco en langue anglaise) s’est tenu au Groenland à Illulisat. Le Groenland est une province autonome du Danemark d’environ deux millions de km2 recouvert à 95 % de glace. La population se trouve principalement sur une bande côtière à l’ouest de l’île.

Illulisat est la 3ème ville (5.000 habitants !) du Groenland située à la latitude 69°N, surtout connue pour sa localisation dans la baie de Disko dans laquelle se déverse le tiers de la calotte glacière du Groenland et où sont produits les plus gros icebergs de l’hémisphère nord (en particulier celui qui a causé le naufrage du Titanic !).

Icebergs dans la baie de Disko : le tiers de la calotte groenlandaise, soit deux millions km2, s’y déverse.

Du fait de l’isolement du Groenland, de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) n’avaient pu faire le voyage (sur neuf ONG représentées, l’AIDSA était la seule ONG française). Chris Poupard n’ayant pu faire le déplacement était remplacé, dans son rôle de représentant des ONG, par Paul Knight (voir en fin d’article la liste des ONG).

Il y avait également deux représentants des pêcheurs et chasseurs du Groenland (KNAP), invités à titre spécial. Je reviendrai plus loin sur cette ONG.

Concernant la présence des organisations gouvernementales, il manquait les Iles Féroé (pour des problèmes budgétaires) et l’Islande qui s’est retirée de l’Ocsan depuis l’année passée en raison de la crise financière.

Notons la présence de Bénédicte Valadou pour l’Onema parmi la représentation européenne et de Nicolas Fairise, représentant la France pour Saint-Pierre et Miquelon, qui ne fait pas partie de l’Ocsan en tant que tel.

Deux derniers points concernant les participants : le représentant de l’Union européenne : Alan Gray participait à son septième et dernier congrès de l’Ocsan, il sera remplacé par Marco d’Ambrosio. Enfin Malcom Windsor, Secrétaire général de l’Ocsan, devrait se retirer définitivement de ses fonctions en 2012 à l’issue du congrès d’Edimbourg.

Samedi, premier jour du congrès, les participants ont été accueillis par un discours de la ministre de la pêche, de la chasse et de l’agriculture du Groenland, en groenlandais !

Une présentation au nom de l’ICES (Centre international pour l’exploration de la mer) a été faite par Gérald Chaput. Un état de la situation du saumon atlantique a été fait (état des stocks, nombre de prises, maladies, projet de réintroductions, problèmes liés au développement des énergies renouvelables en mer (éoliennes off-shore et hydroliennes). Des modèles de prédiction de l’évolution des stocks ont également été présentés.

Puis Ken Whelan a fait une courte présentation sur le projet SALSEA (SALmon at SEA) avec notamment les modalités de collecte des données et les résultats attendus. Les résultats seront présentés à La Rochelle en octobre 2011. L’après-midi ont été abordés les problèmes posés par l’aquaculture dans la séance spéciale : État d’avancement de la Stratégie « Prochai-nes Étapes » (Next Steps).

Les problèmes liés aux élevages de saumons sont principalement de deux ordres : contamination des saumons sauvages par les poux de mer provenant des fermes aquacoles (et contamination par virus, bactéries et parasites en général) et les évasions de saumons d’élevage.

Pour le premier point, la recommandation de traiter l’ensemble des élevages contre les poux de mer, édictées dans les bonnes pratiques d’élevage, a été acceptée par l’association des éleveurs de saumons (IFSA). Une résistance des poux de mer aux traitements classiques se développe et risque de rendre inopérante la recommandation précédente. Les évasions de saumons d’élevage sont également toujours un point critique et leurs impacts devront être suivis.

Dans les réunions préliminaires, des commentaires assez « vifs » ont été échangés entre les ONG et l’IFSA. L’IFSA ne considère pas que les élevages aient une incidence sur l’augmentation des poux de mer sur les populations sauvages. L’IFSA considère d’autre part qu’elle devrait faire partie de l’Ocsan au même titre que les ONG. Ce n’est pas l’avis des ONG qui considèrent que l’IFSA est une association dont le but est de défendre les intérêts commerciaux de ses membres et non pas la préservation des saumons sauvages.

En fin de journée, les situations locales ont été abordées lors des « FAR » (Focus Area Report).

Le deuxième jour du congrès se sont tenues les réunions des commissions dites régionales.

Pour la commission « Amérique du Nord », un exposé du représentant de la France a été faite. À Saint-Pierre-et-Miquelon 1,5 tonne de saumons sont pris en mer dont la moitié en pêche récréative. Ces saumons proviennent de rivières d’Amérique du Nord d’après des analyses génétiques (94 % Canada et 6 % USA).

Cette quantité de prises peut sembler faible mais les saumons des rivières américaines (USA) sont dans une situation très préoccupante et toute prise est sans doute de trop.

Pour la commission « Groenland Ouest », depuis un an les groenlandais dépassent les quotas de prises qui leur sont alloués (20 tonnes attribuées en 2010 pour 40 tonnes effectivement pêchées). Les pêcheurs groenlandais demandent à relever ces quotas car ils constatent d’une part que le saumon est plus abondant que par le passé et, d’autre part, qu’il est présent au Groenland beaucoup plus tôt dans la saison. Ils demandent également à ce que soit autorisée une pêche commerciale, et non plus seulement une pêche de subsistance comme jusqu’à présent. Ces revendications étaient appuyées par une manifestation des pêcheurs devant l’hôtel et par la présence au congrès, à titre d’observateurs, de deux représentants de ces mêmes pêcheurs.

Manifestation des pêcheurs et de chasseurs groenlandais

Les saumons pris au Groenland proviennent principalement de rivières d’Amérique du Nord. Les remarques faites pour Saint-Pierre-et-Miquelon quant à la situation du saumon dans les rivières américaines s’appliquent également au Groenland.

À noter qu’il existe une rivière hébergeant des saumons au Groenland.

Pour la commission « Atlantique Nord Est » a été évoquée la reprise éventuelle de la pêche commerciale pour les îles Féroé.

Le dernier jour du congrès (lundi) ont été présentés les comptes rendus des jours précédents pour approbation.

Philippe Méry

La baie de Disko et ses Icebergs

Note de l’auteur : Je ne sais pas s’il y a eu beaucoup de nouveautés pendant ce congrès. Après discussion notamment avec Bénédicte Valadou, il semblerait que non. Pour ma part, entre les documents fournis par l’Ocsan que j’avais lus avant, les conférences, et la troisième journée avec l’approbation des comptes rendus, j’ai eu l’impression d’avoir entendu 3 ou 4 fois les mêmes choses.

Les ONG présentes :

Canada : Atlantic Salmon Federation Canada (David Meerburg et Sue Scott) U.K. : Atlantic salmon Trust (Anthony Andrews et Pr. Ken Whelan) Suède : Coalition Clean Baltic (Gunnar Norén) Irlande : Federation of Irish Salmon an Sea trout Anglers (Noel Carr) Irlande : Irish Seal Sanctuary (Patrick Peril) Norvège : Norskelakseelver (Norwegian Salmon Rivers) (Torfinn Evensen) Norvège : Norwegian Association of Hunters and Anglers (Oyvind Fjedeth) U.K. : Salmon and Trout Asso-ciation (Paul Knight) France : AIDSA (Philippe Méry)

L’Organisation pour la conservation du saumon de l’atlantique nord

L’Ocsan, présidée par Madame Mary COLLIGAN, regroupe les États concernés par le saumon atlantique : le Canada, le Danemark (représentant les Iles Féroé et le Groenland), la Norvège, la Russie, les États-Unis et l’Union Européenne (représentant les États membres de l’Europe). De plus, 34 organisations non-gouvernementales, les ONG, sont accréditées auprès de cet organisme intergouvernemen-tal, dont l’AIDSA, première ONG française à y participer depuis sa création en 1983. Le 29e congrès de l’Ocsan se tiendra à Edimbourg en Écosse début juin 2012.